Responsabiliser son enfant au lieu de le punir … facile à faire ?

Je vous partage un article très intéressant, de Nicolas Moritel, qui nous amène à porter un regard différent sur notre attitude vis-à-vis nos enfants.

« Comment faire, il ne m’écoute pas ? » … « C’est insupportable il se roule par terre » ….  « Je n’en peux plus je vais craquer » …. « Tant que je n’ai pas cédé, il pique des crises et se roule par terre» ….« Il sera puni puisque c’est le seul langage qu’il comprenne » ….

Combien d’entre nous avons cédé plusieurs fois face à l’envie de punir nos enfants plutôt que de les écouter et les comprendre  ?

Punir comme un moyen de réaffirmer une autorité vacillante et répondre à un besoin inhérent de ne pas « perdre » le contrôle ?

Rester calme, posé, cohérent, bienveillant, n’est pas toujours chose aisée.

Et pourtant….

La punition peut mener à des sentiments de haine, de vengeance, de défi, de culpabilité, de mépris ou d’humiliation.

Les recherches ont prouvé que la punition de donne pas de bons résultats : au lieu d’amener l’enfant à regretter ce qu’il a fait, à comprendre, à analyser, à réfléchir aux façons de s’amender, la punition déclenche au contraire des désirs de vengeance.

Ainsi en punissant un enfant nous le privons d’un processus intérieur qui lui permet de se retrouver face à face avec son comportement.

Les parents doivent tout d’abord se souvenir que le cerveau de leur enfant fonctionne de façon différente du leur.

Notre cerveau est composé de deux hémisphères : Le cerveau droit (holistique et non verbal) et le cerveau gauche (ordre, littéral, logique, …).

En termes de développement par exemple, les très jeunes enfants ont un cerveau droit dominant (pendant les 3 premières années de leur vie). Pour aider à mieux grandir nos enfants, notre rôle de parents est d’accompagner le développement de l’interaction cerveau droit / cerveau gauche aux fins que les deux hémisphères collaborent. Ce que nous appelons l’intégration.

Mais il faut aussi savoir que nous avons 2 « étages » dans notre cerveau. Au rez-de-chaussée, notre cerveau reptilien, en charge de notre survie, ainsi que le limbique. Cette partie inférieure du cerveau, responsable des fonctions basiques, régule nos émotions fortes. Notre cerveau d’en « haut » est totalement différent (cortex préfrontal) et nous donne une perspective plus globale (penser, imaginer, planifier…).

Les recherches en neurosciences ont mis en avant le rôle de l’Amygdale, qui fait partie de notre système limbique. Quand elle sent une menace elle prend tout bonnement le contrôle du cerveau d’en « haut » et nous permet ainsi d’agir avant de réfléchir.  Dans l’hypothèse d’un danger imminent, cette amygdale est nécessaire. Or, chez l’enfant, cette Amygdale s’enflamme souvent.

Bien que le cerveau d’en « haut » ne soit mature qu’à partir de l’Age de 25 ans, un enfant dont le cortex préfrontal est en bon état de marche pourra réguler ses émotions. Notre rôle de parents est donc de participer au bon fonctionnement de l’escalier métaphorique qui relie les deux étages.

Ainsi chez nos enfants, imaginez une maison avec un premier étage en travaux dont l’escalier cesserait de fonctionner plusieurs fois par jours….

Au lieu de punir…bâtissez et construisez !

  1. Exprimez fermement, mais sans violence, votre désaccord et exprimez vos sentiments (« Je me sens…. quand tu …… »)
  2. Formulez clairement vos attentes et proposez-lui une façon de se rendre utile (Utilisez le « JE » ==>  « Je m’attends à ce que… »
  3. Guidez-le, accompagnez-le, vers la résolution du problème
  4. Offrez-lui un choix : Certains diront que le choix reste un choix « fermé », certes. Mais il reste un choix. Une logique qui conduit ainsi vers l’apprentissage de la responsabilisation. « Tu préfères mettre ton pantalon bleu ou ton pantalon rouge ? »
  5. Passez à l’action
  6. Résolvez le problème : « Que pourrions-nous mettre en semble en place pour résoudre ce souci ? »

« Dans la conversation chacun est le miroir de l’autre » Alain

Bien avant de commencer à mettre cette phase en place, il convient que l’adulte ne soit plus dans un sentiment dominé par l’émotion, mais bien au contraire soit dans une position d’écoute bienveillante, de calme et de sérénité. Si la crise de votre enfant a eu lieu au supermarché, n’hésitez pas à attendre de vous sentir prêt pour aller le voir dans sa chambre afin de mettre en place cette résolution. Il faudra en effet que vous soyez dans une pleine puissance d’écoute, capable de vous abstenir de tout jugement, sans aucune volonté de convaincre. Une fois dans cet état d’esprit, la démarche pourra fonctionner :

  1. Ecoutez et comprenez ses sentiments. Reformulez (« Je comprends que tu te sens… » « J’imagine que tu dois ressentir… »)
  2. Concentrez-vous sur les besoins (et non pas les envies) de l’enfant.
  3. Parlez ensuite de vos propres sentiments. Puis de vos propres besoins. Commencez les phrases par « JE » et non pas par « TU ». Le « tu » reste accusateur. Utilisez la Communication Non Violente (« Je me sens » … « voilà comment je me sens à ce sujet »
    • Soyez brefs dans cette phase.
  4. Invitez l’enfant à travailler à la recherche d’une solution mutuellement acceptable : Ensembles faites une check Liste. Cette « Check liste » doit permettre de trouver une solution (ou des solutions) mutuellement acceptable. Ne surtout pas la commenter. Toutes les idées sont bonnes à ce moment du processus. Souvenez-vous que très souvent les idées les plus farfelues peuvent conduire à des vraies solutions.
    • Ecrivez toutes les idées, suggestions, options, chemins, possibles. Ne rien évaluer ni juger. « Cataloguer et juger les autres favorise la violence »B. Rosenberg ==> A ce stade, vous listez.
    • Il est important ici et maintenant de laisser l’enfant proposer les premières solutions. Les premières idées. Considérez que vous proposez tous les deux mais que lui puisse proposer les premières suggestions.
    • N’hésitez pas à motiver la réflexion : « Quoi d’autre encore ? » « Aller, trouvons encore une autre idée avant de finir »
    • Une fois finie, relisez ensemble la liste
  5. Choisir ce qui vous convient à tous les deux :
    1. Reprenez la liste
    2. Proposez à l’enfant de rayer certaines options qui lui conviennent un peu « moins »
  • Rayez-en … si besoin.
  • Ultimement, choisissez les options que vous aimez tous les deux
  • Durant cette phase, évitez toute parole dévalorisante du style « cette idée ne me plait pas car elle est totalement stupide »

6. Concrétisez : construisez ensemble un véritable Plan d’Action en fonction des options satisfaisantes conservées. Ecrivez le plan d’action.

  • Quand ? Comment ? Avec quelle volonté ?
  • Quelles étapes devront nous suivre pour…
  • Quand est ce que nous aurons la mesure de ce plan ?

 » Si vous voulez que votre enfant modifie ses comportements, vous allez devoir commencer par changer vos propres comportements » –  Christophe Carré

                        Nicolas Moritel – Coach & formateur Professionnel Certifié

 

Sources : Dan Siegel – Tina Payne Bryson – Isabelle Filliozat – Adele Faber – Elaine Mazlish – M.B. Rosenberg – Christophe Carré

https://www.linkedin.com/pulse/responsabiliser-son-enfant-au-lieu-de-le-punir-facile-nicolas-moritel?published=t